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Réseaux Sociaux du web

L’enfer, c’est les autres...

lundi 26 octobre 2009, par Loiseau2nuit

Ca faisait un moment que je vous avais promis une bafouille sur les réseaux sociaux et sur l’émoi général que cela avait le don de me provoquer. Ben vous n’allez pas être déçu du voyage !

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La parution de cet article vous sera très probablement apparu sous une des formes suivantes ou assimilée :

Loiseau2nuit a publié "Réseaux Sociaux du web | L’enfer c’est les autres..." http://bit.ly/1cepa7 #geek #web2

sur une des innombrables plateformes bien connues de tous et désormais devenues incontournables dans nos vies(rtuelles) de tous les jours.

Pourquoi est-ce important ? Oh et bien parce que maintenant que vous êtes là, l’heure est aux aveux et je peux bien vous le dire tout net, il y a encore 5 mois de cela, peut être bien que la majorité d’entre vous, qui lisez actuellement cet article, n’aurait peut être bien jamais entendu parler de sa publication ! Car aussi paradoxal que cela puisse vous paraitre aujourd’hui, à vous qui me suivez sur Twitter, Facebook et autre plateforme type Identi.ca : Je Hais Les Réseaux Sociaux Virtuels !!! Oui vous avez bien lu !

Qu’ils s’appellent MySpace, Twitter, FriendFeed, Facebook, LinkedIn, Viadeo et j’en passe (et ne rigolez pas, je les ai tous testé avant d’écrire) toutes ces plateformes me renvoient aujourd’hui et chaque jour à travers le visage, ce contre quoi je passais ma vie, il y a encore quelques années, à lutter corps et âmes.

Ma lutte à moi, c’était en bidouillant dans mon coin des pages web atypiques et rebelles, publiées sous pseudo, et que j’uploadais en douce depuis différents PC publics et sous une fausse identité pour brouiller les pistes. C’était ma grande époque "Web Indépendant, révolutionnaire et rebelle de la société", qui l’ouvre sur le web parce ca fait facilement plusieurs millions d’auditeurs potentiels pour écouter ma rage de vivre et d’être libre. Cette période n’est d’ailleurs pas forcément si lointaine et ce site en garde encore quelques traces par endroit si ce n’est l’esprit global qui m’animait alors.

Mais pourquoi en arriver là aujourd’hui ?

Relativement simple. Il y eut d’abord la LCEN qui posa les bases de certains principes auxquels aujourd’hui c’est devenu une obligation professionnelle de se plier, puis la technologie grandissante, le constat que de toute façon, même mes auditeurs parmi les plus rebelles, d’une part pas aussi nombreux que ce que j’espérais, d’autres part, aussi mouton que le reste finalement, ne changeraient en rien le monde après m’avoir lu, qu’ils ne le font aujourd’hui en me followant sur Twitter.

Je pense également que le fait d’être passé pro dans le web, qui plus est via la Communication (vous noterez le grand "C" qui ne veut finalement rien dire du tout , sur le plan purement humain du terme), a également fondamentalement modifié ma manière de voir les choses de la publication en ligne. Que voulez vous, on commence par publier sa verve incendiaire sous pseudo un jour, et le lendemain on cherche par tous les moyens à positionner son nom dans les tops du moment sur une requête donnée... de l’état "Stable" à "Schizophrène virtuel" n’y aurait-il en fin de compte, qu’un tout petit pas à franchir ???

Et après ?

En dehors des années passées à rentrer dans le rang, enfin... en quelque sorte, et à murir un peu mes réflexions, m’est alors venu l’autre aspect que je déteste particulièrement dans les réseaux sociaux... euh... en fait il y en a deux... :

  • L’inévitable intrusion dans ta vie et les dérives qu’elle ne manque pas d’engendrer en terme de "E-Réputation" comme on dit dans le jargon
  • le non-moins inévitable "effet virus", sur lequel je ne pouvais pas ne pas écrire, tant celui-ci semble animer le gros de la population des utilisateurs de ces services.

Et c’est bien normal ! Ça s’expliquerait logiquement par un comportement bien réel et bien humain que des sages avant moi ont appelé "Mégalomanie" et à laquelle je doute que nous puissions tous échapper, même si nous l’assumons et la pratiquons tous de manière plus ou moins avancée (ne rigolez pas, vous posteriez sur Twitter vous si vous ne vouliez pas être lu/vu/entendu ??? ;-) )

L’ "Effet virus" lui, c’est le pire. Comme pour la clope en son temps, j’ai hurlé à qui voulait l’entendre que jamais je ne m’y mettrai jusqu’au jour où la curiosité a pour finir eu raison de moi. Et aujourd’hui, je pourrais très bien clôturer tous mes comptes puisque quelque part, j’ai pu vérifier et confirmer tout ce que je reprochais à ces plateformes mais que nenni, je n’arrive à m’y résoudre et je continue.

Bon il y a quand même quelques avantages hein ? En dehors de l’aspect marketing et des bonus non négligeables, que procure une présence plus ou moins soutenue sur ces réseaux, ca reste aussi et tout de même un excellent moyen de :

  • garder le contact avec des gens que vous ne voyez pas souvent, comme avec MSN qui eut son heure de gloire pendant un temps dans ce registre
  • de tenir une veille technologique et concurrentielle au plus proche des tendances, même si, comme avec tout support web il faut savoir peser le vrai du faux, ce qui n’est pas toujours évident
  • mais surtout... mais surtout... de promouvoir à la fois un produit et sa gueule ! Eh oui !

En résumé, si je reste aujourd’hui sur ces plateformes, c’est donc avant tout, plus par curiosité professionnelle que par réel plaisir, même si en matière de plaisir, j’en ai quand même beaucoup à lire certains d’entre vous chaque jours sur Twitter. Seulement voila, je sais ce que me coûte ce plaisir :

  • du temps de vie sociale IRL
  • du temps de travail (ben oui, quand tu trolles les commentaires des vidéos à la con postées par tes potes sur Facebook, t’es rarement productif quand même ! d’ailleurs : @kriisiis le dit également dans un de ses derniers tweets : Les réseaux sociaux, ennemis de la productivité, coûtent 2,25 Millions par an à la Grande-Bretagne...)
  • un putain de gros fichier qui tourne entre google, yahoo Microsoft et j’en passe, sur mes habitudes électroniques et qui se caractérise chaque jour par un flot de spams auquel je n’avais pas à faire face avant
  • et surtout, le pire dans tout ça, c’est qu’aujourd’hui plus que jamais je suis obligé de faire gaffe à ce que je dis sur le web sous peine de me faire buzzer/flamer dans tous les sens du terme alors qu’avant, ca n’avait pour moi qu’une importance limitée, du fait que je publiais essentiellement sur des réseaux à faible fréquentation et surtout : sous pseudo !

Mais rassurez vous hein, je vous aime bien quand même :-D


EDIT 18 Août 2010

Un billet sur la question des réseaux sociaux, publié ce matin par un collègue blogueur-rôliste (ou l’inverse, je n’ai jamais vraiment su :P ) et qui apporte un point de vue très pertinent sur la "schizophrénie" résultant de l’utilisation des réseaux sociaux dans le cadre d’une organisation (entreprise, asso, mouvement religieux, ...)

P.-S.

Crédit strip BD : http://www.funpic.hu (un truc qui avait tourné sur Twitter pendant un temps mais je ne sais plus qui me l’avait envoyé...)

Vos commentaires

  • Le 26 octobre 2009 à 19:28, par Gwaradenn

    Tu n’aimes pas les réseaux sociaux, mais tu en es et tu les utilises. Difficile d’être sur le web et de rester à l’écart, on se laisse vite attraper, même si ce n’est pas utile...

  • Le 26 octobre 2009 à 19:37, par Loiseau2nuit

    Exactement, et avec plus ou moins de complaisance d’ailleurs... :-)

  • Le 26 octobre 2009 à 19:52, par Randall

    Il ya 2 facettes à cette invasion des réseaux sociaux:c’est vrai que c’est intrusif, mais ça permet aussi de savoir ce que pense réellement les gens qui nous entourent nonobstant ce qui nous est craché à travers les médias chaque jour. Comme l’a dit Zeymour il y a 2 jours (et d’habitude, je préfère me casser une jambe plutôt que de donner raison à ce type là), "sarko et les médias sont en train de se faire coiffer au poteau par internet, et j’observe cet état de fait avec délectation". Pour le reste, la connerie à toujours fait partie de l’humanité, ça fait peut être son intérêt...

  • Le 26 octobre 2009 à 19:59, par Loiseau2nuit

    Erf... Mesdames et Messieurs, je vous présente le troisième membre de la Trikapalanet SPIP Team :D

    Ce hors sujet fait : j’apporte tout de même réponse à ce point précis :

    ça permet aussi de savoir ce que pense réellement les gens qui nous entourent

    Je répondrai "pas forcément finalement, puisque tu n’imagines pas forcément le nombre de conneries qui peuvent se "retweeter" chaque jour sur Twitter, simplement par affinité, sans plus de vérification de fond finalement, de la validité du tweet en question, que les gens n’en font par ailleurs lorsqu’ils lisent autre chose ou regardent la télé.

    Il s’en suit des gros quiproquo dont certaines stars font les frais lorsque l’on annonce abusivement leur mort sur Facebook à la face de plusieurs milleirs de personnes qui vont propager l’info "parce qu’ils t’aiment bien" et qu’ils ne voient pas l’utilité de te remettre en doute.

    Où est le véritable avis des gens dans tout ça ? En 140 caractères, c’est dur de donner un avis complet ;-)

    Quand à Sarko, s’il donne aujourd’hui l’impression de se planter, je ne doute pas une seconde qu’il trouvera la parade pour se redresser. Ya qu’à voir Ségo et son désir d’avenir. On a tous hurlé au #fail et finalement on a généré à nous tout seul les plusieurs millions de visites qui font finalement de ce site un franc succès pour ceux qui l’ont lancé... CQFD

  • Le 26 octobre 2009 à 20:07, par Randall

    même si ces réseaux contiennent il est vrai leur lot de conneries et d’avis plus ou moins pertinents sur des sujets divers, les commentaires politiques ou autres ne sont pas censurés et sont souvent assez éloignés des sondages de tf1 curieusement...

  • Le 26 octobre 2009 à 21:18, par shamanphenix

    En même temps les gens, il est difficile de faire des généralités sur les réseaux sociaux". Comment mettre au même niveau Facebook, Twitter, Google Reader ou encore Launchpad (si c’est un résal social, je m’y suis fait plein de connaissances) ?

  • Le 26 octobre 2009 à 22:10, par Loiseau2nuit

    C’est au niveau de leur fonctionnement global et des interactions qu’ils proposent que l’on peut les mettre sur un même pied. Ensuite Launchpad est pour moi un peu hors sujet puisqu’à prioris moins ouvert que les autres (en terme de fréquentations s’entend, Launchpad, c’est quand même pour des développeurs d’appli là ou Facebook, Twitter et Google Reader sont grands publics)

    Après ce n’est que le nombre d’outils mis à disposition qui diffère.

  • Le 1er novembre 2009 à 14:18, par shamanphenix

    Oui, je comprends ça, mais ce que je voulais dire, c’est que le public visé n’est pas le même, les fonctionnalités non plus car en rapport avec la finalité du bouzin. Tata Suzanne qui kikoolol avec sa petite fille sur Facebook n’a rien à voir avec le geek qui partage ses links avec la communauté de Digg, par exemple, et l’investissement en temps non plus n’est pas la même. C’est pour ça que j’ai toujours du mal avec le concept de "réseaux sociaux". Je veux dire, Internet EST un réseau social.

  • Le 27 janvier 2010 à 14:44, par Vandenbosch

    Pour moi les Facebook, Twitter et Google Reader, c’est comme le téléphone portable, cela me gonfle le gris de ma matière...
    Familles de corneilles aux milieux de ruines sociales, bruit de fond ou acouphène du mouvement perpétuel de l’intelligentsia des humanoïdes associés.
    Les champions du contact à la volée nous préparent-ils avec effervescence un avenir qui croaw croaw croaw..., la quintessence du X èime élément ?

  • Le 18 août 2010 à 15:39, par Alias

    Merci pour le coup de projo !

    J’ai aussi été pendant longtemps anti(réseau)social et j’ai fini par me dire que c’étaient des outils comme les autres et qu’il fallait apprendre à s’en servir à bon escient. Notion en elle-même fort subjective, mais passons.

    C’est un peu le problème que je vois ces jours, que je rapprocherais d’ailleurs de questions similaires nées de la démocratisation d’un certain nombre de logiciels pro ou semi-pro. Exemple : un logiciel de retouche qui rime avec "motoshop" et qui a soudainement permi à des hordes de blaireaux de faire de la retouche d’image.

    Nous avons à notre disposition des outils de plus en plus complexes, de moins en moins bien expliqués. Il ne faut pas s’étonner si les choses partent en vrille, du coup.

  • Le 18 août 2010 à 16:11, par Loiseau2nuit

    Pour "motoshop" je ne suis pas sûr qu’on puisse parler de démocratisation. Aujourd’hui, en tant que pro quand je vois ce qu’on me demande pour pouvoir m’offrir l’ensemble des logiciel "à daube" dont j’ai besoin pour bosser, ca laisse quand même songeur. aujourd’hui j’en aurais pour entre 3 et 8000 € !!!! Ya quand même de la marge et dans ce registre, je pense que The Gimp a de beaux jours devant lui.

    Cela dit, ce que tu dis pour l’utilisation grandissante de ce genre d’outil est aussi tout à fait vrai pour le reste du web. quand tu penses qu’il y a 15ans de ça, avoir le web chez soi c’était déjà beau, mais alors les amateurs qui avaient des sites, pour moi étaient de véritables stars.

    Comme le disait un tweet passé récement, lors de la grosse vague #JeSuisVieux, "J’ai connu une époque où il suffisait d’avoir un blog pour être considéré comme un influenceur...". Quand tu vois la tronche des influenceurs maintenant... hop hop hop un wordpress et on publie de grosses conneries histoire de pas être en reste...

    J’immagine même pas ce qu’on aurait pu faire si Facebook avait été inventé en 1996...

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