Et voila, c’en est fait, il fallait bien que ca arrive à nouveau, comme tous les ans depuis désormais plusieurs milliers d’années, c’est l’hiver et on se les gèle !!!
Cette saison a ceci de particulier qu’elle est, pour finalement beaucoup (trop) de gens, souvent synonyme de mal-être et, même si l’effervescence des fêtes de fin d’année qui approchent rendent les enfants heureux à la perspective de ce qui les attend sous le sapin, chez les plus grands il en va tout autrement, pour eux, le bilan est plus mitigé.
Je dis "bilan" parce que bien souvent c’en est un : celui d’une année civile qui s’achève, avec des bons et des mauvais côtés, des réflexions en pagaille sur ce qui a été accompli, en bien ou en mal et surtout, c’est l’heure des questionnements et des traditionnelles craintes/espérances pour la nouvelle année à venir, les projets, plus ou moins risqués, à plus ou moins long terme, nécessitant plus ou moins de cette implication que l’on a déjà donné au cours de l’année qui s’achève, …
En dehors de cet aspect routinier, je pense que je ne surprendrai personne si je dis que le sentiment général est alors à la morosité : d’une planète qui part peu à peu à la déroute, avec des gens dessus qui ne savent plus trop où ils habitent, dirigés par des cons, la plupart du temps, qui pensent alors plus à s’en mettre plein les fouilles à nos dépens, qu’à œuvrer pour le bien commun. Car oui, je ne l’avais pas précisé mais l’hiver est aussi souvent l’heure des comptes remis à zéro : des 13ème mois de salaires et des 14ème mois de taxes diverses. Ce que le Dieu Dollar donne, il le reprend au centuple et c’est souvent l’hiver que la note est la plus salée : taxe d’habitation, recalcul d’impôt, hausse des prix des matières standards, de l’essence et du tabac, budget fêtes qui explosent, …
Et le tout mélangé a cette fâcheuse tendance à mener l’individu lambda à se dire que l’année écoulée a été finalement bien merdique et que la suivante n’a, sauf miracle, pas de raison d’être meilleure. On en revient à la notion de routine que j’évoquais plus haut. Il existe bien sûr des exceptions (et heureusement
) mais je crois bien que tout le monde, lorsque le ciel est gris depuis plusieurs mois et que la lumière baisse à vue d’oeil de plus en plus tôt pour ne revenir que le lendemain amtin de plus en plus tard, a connu ce petit phénomène de baisse de moral.
Pourquoi je vous parle de tout ça ? Ben disons que cette année, ce phénomène prend pour moi une signification un peu particulière du fait que, comme certains de mes lecteurs le savent déjà, je bosse, en appoint d’une autre activité, depuis cet été comme veilleur de nuit dans un Foyer d’hébergement et, si ce microcosme met quelque peu en exergue une notion de partage un peu plus poussée que la normale et, que l’on aimerait bien retrouver à l’extérieur aussi, disons également que cet état de fait morose y est aussi beaucoup plus visible qu’ailleurs.
Dans ce foyer, j’ai sous ma responsabilité des gens qui n’ont pas forcément choisis leur situation aujourd’hui et pour qui les fêtes de fin d’année ne sont pas synonymes de gavage de foie gras en famille ou entre amis. Et je peux vous dire que bien souvent, c’est une situation qui n’est pas des plus simples à gérer. Et comme pour moi ce 24 Décembre au soir se profile ici, dans mon bureau de veille, à assurer un service de nuit bien loin de ma famille et des réjouissances de la nativité, j’ai comme qui dirait l’impression que les résidentes qui resteront sur place risquent de ne pas afficher le plus large des sourires que je leur connais habituellement lorsque, la nuit, on discute ensemble, autour d’un verre de jus de fruit, fumant une cigarette par une belle nuit d’été.
La chanson n’est plus la même. Car pour ces filles dont j’assure la garde, si un bilan se fait en fin d’année, et pas seulement pour elles d’ailleurs, c’est bien celui tragique, de la solitude en fin de compte, bien plus pesante lorsque l’on a froid et que l’on sait les autres en train de profiter de ce que l’on a pas.
Alors bien évidement, certains ne vont pas du tout voir les choses comme cela mais d’autres, en revanche, le ressentent en silence, sans pouvoir l’exprimer par ailleurs, et je me suis dit que le meilleur cadeau de Noël que je pouvais faire à ces gens là était de l’exprimer comme je le pouvais, de mes petits mots pas toujours très adroits.
Je crois que pour conclure, ce billet n’aura d’autre vocation que de souhaiter un bon courage à tous ces gens qui pensent un peu la même chose que moi, mais aussi d’excellentes fête de fin d’année à tout le monde malgré tout.
Et quoi qu’il arrive, que chacun garde la foi et le sourire car finalement, nous sommes tous en vie ![]()
